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Cybelle Planète et l’écologie participative, notre rencontre

Fondée en 2005 par Céline Arnal, docteur en biologie marine, Cybelle Planète, association d’écologie participative, propose des missions d’écovolontariat partout dans le monde.

L’écovolontariat existe depuis plusieurs années dans les pays anglo-saxons. Lors de ses expériences à l’étranger, Céline Arnal a découvert cette nouvelle démarche : des volontaires venant en support à des chercheurs pour collecter des données, observer des animaux dans leur milieu, … Avec en parallèle son expérience d’éco-guide, l’idée de l’association est née. « J’avais envie d’agir plus concrètement car les domaines de recherche peuvent paraître un peu abstrait. J’avais la volonté d’amener du participatif dans la biologie de la conservation et la protection de la biodiversité en impliquant les citoyens», nous explique-t-elle.
Après avoir rassemblé autour du projet Cybelle Planète, des chercheurs, des personnes issues du milieu associatif, dans la protection de l’environnement ou des passionnés de voyages, l’association a vu le jour.

Depuis plus de dix ans, Cybelle Planète a pour objectif « d’aider des programmes existant afin d’avoir un impact direct sur la biodiversité, dans un mode participatif c’est-à-dire en permettant aux citoyens d’y contribuer ».
Et tout citoyen a sa place. « Nous n’avons pas de critères de sélection c’est le principe même du participatif : tout volontaire peut aider ». Ainsi, les conditions de participation sont larges (âges, forme physique selon les projets) pour permettre au plus grand nombre d’y participer. Parfois un CV et une lettre de motivation sont demandés « mais ça ne va pas être une sélection mais plutôt pour optimiser la venue du volontaire en fonction de ses compétences ».
Initiatrice du Collectif francophone de l’écovolontariat, Cybelle Planète « suit le plus scrupuleusement possible les 8 engagements définis par les structures et volontaires ayant participé à la mise en place du collectif. Un des engagements concerne la transparence financière ».
Les frais de participation demandés aux volontaires varient de la mission et de la durée de celle-ci. « 70% des frais de missions sont reversés à la mission même. Ensuite, pour établir le coût, nous évaluons tous les frais du projet auquel nous prenons une commission de 30%. ». Celle-ci servira à faire vivre l’association et à permettre la mise en place de nouveaux partenariats.
Afin de mettre en place de nouveaux partenariats, le plus souvent, des associations locales se rapprochent de Cybelle Planète afin de bénéficier du support de volontaires. « Après nous mettons en place tout un processus de partenariat qui peut durer un moment. Les associations locales vont devoir remplir tout un dossier avec des critères, avec des grilles de référence en termes d’éthique, et en termes scientifiques. En effet, je veux voir à chaque fois la réalité du projet, m’assurer qu’elles travaillent avec des labos reconnus, et qu’il y ait un vrai suivi du projet. Ensuite il y a des critères concernant les écovolontaires et le respect de leur mission, sachant que ce sont des bénévoles et non des salariés, mais qu’ils veulent s’impliquer concrètement dans un projet et ne viennent pas pour une balade touristique. Enfin, nous avons une sélection en termes de sécurité : comment elles ont envisagé l’hébergement, l’accueil, la sécurité, toute la partie secourt. Nous avons d’autres critères mais ceux-là sont les principaux.» nous précise Céline Arnal.

Les missions d’écovolontariat visent des objectifs précis. Ainsi, tous les ans, les associations partenaires fournissent des rapports (articles, parutions, rapports annuels, etc …) pour suivre l’avancée du projet.

Aujourd’hui Cybelle Planète se concentre sur des objectifs à venir précis. « Nous avons toujours de nouvelles missions. Une est sortie la semaine dernière au Bénin dans le delta du Mono, pour la mise en place d’une réserve de la biosphère. Une autre paraîtra bientôt sur le suivi des changements climatiques au Mont Blanc. Ensuite nous poursuivons notre programme Cybelle méditerranée de science participative en mer Méditerranée, avec une expédition trans-méditerranéenne de 6 mois pour l’étude des cétacés, tortues, raies….. »
Au-delà des nouvelles missions, Cybelle Planète a d’autres objectifs de fond en terme de pérennisation pour faire connaître l’association et l’écovolontariat.

En effet, l’écovolontariat en France est en perpétuelle augmentation, mais reste un taux faible. « Il y a un grand travail pédagogique, de sensibilisation à faire », conclut la fondatrice de Cybelle Planète.
Petit à petit les mœurs changent et les gens voient l’écovolontariat comme un don de temps et d’argent, un procédé donnant donnant : on donne de soi pour la mise en place, la réalisation et la poursuite de projets de conservation et de protection de la biodiversité tout en voyageant.
Interview Escales durables et Cybelle Planète – Janvier 2017.

Crédit photos : Cybelle Planète.

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