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L’âme des townships

Photo de la township de Langa

L’une des raisons qui m’a menée à aller en Afrique du Sud c’est ma passion pour leurs chants, notamment leurs gospels en Xhosa ou Zoulou, qui sont parmi les deux principales langues du pays avec l’Afrikaans et l’Anglais.
Il était hors de question de repartir du Cap sans avoir eu le privilège d’entendre l’âme sud-africaine s’exprimer dans ces chants.

Photo de la township de Langa

Je ne vous ferais pas un cours à ce sujet, mais j’ai toujours trouvé l’Histoire de l’Afrique du Sud passionnante. Malgré un passé difficile, mêlant dominations et injustice, un présent imparfait, où beaucoup de problèmes sociaux et raciaux restent à régler, ce pays m’a toujours renvoyé une image d’espoir en un avenir meilleur. Bien évidemment, des personnes telles que Mandela ou Desmond Tetu ont participé à cette impression que j’ai.
Ce terme « espoir » est très important et c’est celui-ci qui est retranscrit dans les chants gospels sud-africains (et dans le gospel en général).
Un seul exemple que vous connaissez certainement grâce au film Invictus avec Matt Damon, le chant Shosholoza, vrai symbole sud-africain, qui signifie aller de l’avant et faire place à son prochain.

Alors je cherchais des concerts de chorales gospel sud-africaines que je pouvais aller voir une fois sur place, mais aucune date ne me convenait.
Petit à petit, mes recherches m’ont conduite vers l’association Camissa. En Zoulou, Camissa, signifie « le lieu des eaux douces », faisant référence aux fontaines, sources et ruisseaux venant de Table Mountain. Celle-ci proposait une demi-journée de visite des townships sur la thématique du gospel. C’était parfait pour moi !!
Je voulais visiter les townships non pas pour prendre quelques photos de la misère et faire un trait sur ma liste « les incontournables en Afrique du Sud » mais bien au contraire pour échanger avec des locaux. Et pour cela, je voulais m’assurer que l’argent de la visite puisse être une réelle source de revenu local. C’était le cas : Camissa est une association qui emploie des personnes de la township de Langa. Les tarifs des visites sont donc reversés à la township et permettent ainsi, petit à petit, un développement local.

Pendant cette demi-journée, en petit groupe de touristes, nous avons en la chance d’écouter le début d’une messe rythmée par les chants gospels dont je vous parlais plus haut. Le dimanche est un jour de fête et les gens se rendent à l’église avec leurs plus beaux vêtements.
L’église a un rôle important dans les townships car c’est un lieu social qui met aussi en place des actions de sensibilisation (par exemple contre certaines maladies).
En ce qui concerne la messe, Khonaye, le guide, nous a dit « il y a deux messes le dimanche, la première de 9h à 10h pour ceux qui travaillent. La deuxième à partir de 11h et se termine quand le prête dit « Amen » !! ». La communauté passe parfois la journée entière à chanter, prier ensemble, partager un repas.
C’était un moment riche en émotion, car, sincèrement, quand je dis que les Sud-africains chantent avec leur âme, c’est vrai, notamment à l’église !

Photo de la township

Nous avons ensuite fait un tour de la township avec le guide qui nous expliquait le fonctionnement de celle-ci. Il s’agit tout simplement d’une petite ville, avec ses propres écoles, sa clinique, ses superettes,… Clairement, la pauvreté est omniprésente durant la visite et cela peut parfois être très déstabilisant, avec ce sens injustifié de culpabilité d’être né au bon endroit. Mais lorsque l’on croise la dame qui a lancé cette initiative, celle de permettre aux touristes de venir dans la township de Langa, et qui vous remercie de venir cela fait chaud au cœur.

Photo de la townshipL’idée n’est pas de faire du voyeurisme et de prendre ces quelques photos, mais il ne faut pas non plus faire l’autruche en se voilant la face et ne voulant pas prendre conscience de certaines réalités plus difficiles à voir.
Le guide nous a lui aussi remercié d’être venus, non seulement car comme je le disais plus haut, ce type de tourisme, fait par l’intermédiaire de structures appropriées, peut être une réelle source de développement local, mais aussi parce que selon lui, il est important que chacun puisse se faire son opinion de ces lieux en marge de la société souvent mal décrit et incompris par les médias.

Avril 2016.

 

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