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Volontariat dans une ferme biologique en Équateur

Fabrication du chocolat dans une ferme biologique en Equateur

Citadine passant beaucoup de temps devant des écrans, je souhaitais du concret. Ca tombe bien, nos modes d’alimentation et donc l’agriculture sont des sujets qui m’intéressent. Le voyage que je prévoyais en Équateur était l’occasion idéale pour intégrer un séjour dans une ferme et apprendre à planter des graines. Un retour à la base, la terre. J’ai choisi la ferme Rio Muchacho, dont le fonctionnement est basé sur les principes de l’agroécologie et de la permaculture. De plus, elle est orientée vers l’écotourisme. Cela implique une ouverture à l’international qui a un côté pas très authentique mais que je recherchais. Les prix me semblaient raisonnables, une dizaine de dollars par jour, tout compris.
Avant de commencer mon volontariat, j’ai passé une nuit à la sympathique plage de Canoa, à 30 minutes de la ferme.
La ferme est composée de vergers et de potagers plantés d’une grande variété de végétaux, de forêts, de bâtiments d’exploitation et d’habitation. Une rivière coule dans le domaine. La ferme est un lieu pensé pour optimiser les ressources naturelles: pas d’eau courante, énergie solaire, etc. Il y a l’électricité en usage limité mais pas internet, ce qui peut aussi avoir du bon parfois – il y a malgré tout des stratagèmes pour accéder à internet si besoin! J’étais hébergée dans la maison principale constituée essentiellement de bambou. C’est là qu’il y a la cuisine, la salle à manger, des espaces communs et plusieurs chambres. Ce sont des espaces couverts mais non clos pour la plupart. Par exemple, ma chambre rectangulaire était constituée de deux murs et deux côtés totalement ouverts. Je dormais donc souvent accompagnée de bestioles diverses…et inoffensives!
La ferme est gérée par Dario et Nicola, les propriétaires très accueillants. Ils ont beaucoup de connaissances et proposent régulièrement des temps d’explications, par exemple de certains principes de la permaculture. Il était aussi intéressant de pouvoir échanger avec leurs employés (cuisinière, jardiniers…). J’ai rencontré des volontaires aux profils variés et avec qui j’ai beaucoup partagé en quelques jours. Il y avait un trentenaire équatorien en reconversion professionnelle et qui a un projet de création de « start-up environnementale ». Trois jeunes allemands effectuaient leur année de césure post-bac à la ferme. J’ai également rencontré une jeune suisse en fin d’études de tourisme qui était en stage pour quelques mois et un quasi-retraité canadien en voyage en Équateur.
A Rio Muchacho, le sol est de qualité. Normal, tous les jours, on se réveillait avec le coq à 6h pour aller nourrir les animaux et récupérer leurs « productions » pour le fumier. C’est le rôle principal des animaux de cette ferme, notamment les cochons et cochons d’Inde. Quand je suis arrivée, il y avait des porcelets qui avaient 2-3 jours, adorables, j’en aurai bien pris un avec moi dans mes bagages! Quant aux poules, outre la ponte d’œufs, elles retournent le sol. Dans le poulailler, on retrouvait parfois les poules dans les arbres qu’il fallait secouer pour qu’elles tombent. Puis, après un bon petit-déjeuner et une pause, nous avions chacun des taches qui pouvaient varier en fonction des besoins et de nos centres d’intérêt.
J’ai privilégié le travail dans les vergers et potagers: semer, arroser, arracher les mauvaises herbes, récolter… J’ai planté différents végétaux, par exemple du maïs que j’ai vu sortir de terre quelques jours après, vu le climat propice en Équateur. Le maïs faisait partie d’un schéma de permaculture élaboré par mon collègue volontaire équatorien. J’ai aussi planté du café dans la forêt et bien d’autres choses.
Les après-midi étaient plus libres. J’ai participé à un atelier fabrication de chocolat à partir de fèves de cacao avec des touristes qui étaient de passage. Parfois, nous pouvions aller au bureau de la ferme à la plage de Canoa. Comme j’avais indiqué que j’avais des connaissances en marketing et que j’acceptais de donner un coup de main, j’ai travaillé quelques fois sur des documents de présentation au bureau. Les après-midi passés à la ferme ou à la plage et les repas préparés par la cuisinière étaient aussi l’occasion de passer de bons moments entre volontaires. Les soirées entre volontaires étaient sympathiques, à faire des jeux, voir un film ou chanter autour d’un feu.

Ce volontariat a été une belle introduction à l’agriculture biologique et à ce qui peut être cultivé en Équateur (beaucoup de choses!). J’ai rencontré des personnes d’horizons divers et j’ai passé de très bons moments en leur compagnie. Il faut simplement avoir à l’esprit que c’est un lieu plus orienté vers la pédagogie que vers la production. Pour compléter l’expérience, j’ai ensuite passé quelques jours dans une famille d’agriculteurs Kichwa. Ces expériences m’ont donné envie d’en savoir plus.
Peu de temps après mon voyage, un violent séisme a malheureusement dévasté la plage de Canoa. La ferme a subi des dégâts matériels importants. Les volontaires et anciens volontaires de Rio Muchacho se sont mobilisés dans une belle énergie. Aujourd’hui, la ferme se reconstruit et se réinvente.

Claudia. Février 2016.

Cochons de la ferme en Equateur

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